Basta les invités, qui faussaient quelque peu le propos de cette formule, aux confins du jazz éclectique et du funk ésotérique, du dub stratosphérique et des modes orientaux. En se recentrant sur le trio de Stambouliotes (le bassiste Alp Ersönmez, le percussionniste Izzet Kizil et le batteur Turgut Alp Bekoglu), le saxophoniste new-yorkais donne la pleine démesure, comme trop rarement dans sa discographie, de ses talents sur l’instrument. Sensuel sur les tempos low down ou pugnace quand les rythmiques s’affolent, Ilhan Ersahin s’illustre également au stylo, signant un répertoire ancré dans un jazz actuel, c’est-à-dire bien au-delà d’un caricatural jazz oriental, mais ouvert à toutes les influences. Une bande-son qui colle parfaitement aux ambitions de ce drôle d’oiseau de nuit, catalyseur des bonnes vibrations de la scène downtown dans son club Nublu.